WORLDS 2016 – Rétrospective du tournoi

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Ca y est, les Championnats du monde de League of Legends viennent de prendre fin sur le sacre des SK Telecom T1 qui l’emportent et conservent leur titre. Il est temps pour nous de revenir sur mes playoffs et sur la meta de ces worlds. Comment l’analyser ? Doit-on la copier ? Nous allons essayer d’y répondre.

Worlds

La Meta des éliminatoires

Peut-on réellement parler de « meta » pour ces éliminatoires ? Je veux dire, la meta nous est apparue lors des phases de groupes, et à part un bouleversement incroyable ou une stratégie macro complètement inédite, il y avait peu de chances de voir du changement. Et en effet, on a vu peu de changements depuis les quarts jusqu’à la finale. Même si…

Alors que je saluais le travail de Riot lors des phases de poules, je vais venir ici le critiquer un peu. Je reste convaincu que le swap lane et la meta tanky étaient mauvais pour le spectacle et pour le jeu, et je suis plus que satisfait d’avoir observé les changements à ce niveau. L’arrivée de la prime « Première brique » (la première tourelle à tomber), l’ajustement des dragons et l’équilibrage des champions (jungle et top notamment) ont largement aidé à dynamiser la phase de laning. Là-dessus, aucun problème et je ne reviens pas sur mes propos. Ces changements intelligents nous ont permis d’assister à un très beau spectacle, depuis l’affrontement sur les lignes jusqu’aux premières rotations et à la destruction du Nexus.
Cependant, cette meta n’a-t-elle pas été finalement plus stérile que ce qu’on pouvait le croire ? Même pendant ces quarts et malgré la présence des plus grandes équipes au monde, chaque match s’est déroulé sagement : depuis l’affrontement (disputé) en ligne, jusqu’aux premières rotations et la destruction du Nexus… Je veux dire, aucune invasion de la jungle adverse en début de partie. Aucun swap lane, pas même pour contrer un champion adverse. Aucun essai stratégique (global) n’a été mis en place. La première brique et l’ajustement des dragons ont dynamisé le jeu, mais il se pourrait bien qu’ils aient mis à mal la créativité et la prise de risques. Et une domination en ligne s’est (trop) souvent traduite par… une victoire contrôlée. Le spectacle était grand, très grand même. Mais beaucoup plus stéréotypé que les autres années.

 Les quarts, poste par poste ?

Je ne vais pas revenir autant dans le détail poste par poste comme j’ai pu le faire sur notre analyse des phases de groupes. Comme je l’ai dit, la meta n’a fait que se préciser et même si nous avons pu voir certains champions être encore plus disputés qu’avant… ces playoffs se sont finalement joués dans la même veine que les phases de groupes.

8 équipes pour 27 matchs. Des quarts de finale au sacre des SKT T1, ce sont 45 champions qui auront foulé du pied la Faille de l’Invocateur (pour un total de 61 sur l’ensemble de la compétition). Un chiffre définitivement en dessous des autres années.

Top Lane

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Quasiment aucun changement à déclarer pour cette ligne. Jayce est logiquement monté en puissance sans pour autant être un champion prédominant (81% de présence lors des éliminatoires, pour 67% de victoire). Ses possibilités de poke et de split push attirent sur lui le plus grand nombre de bans pour cette ligne (21). La top lane est restée très agressive, agréable à regarder, mais sans surprise.

Jungle


Nidalee a conservé une présence de 100% (sur l’ensemble du tournoi !). Il est déjà risqué de la laisser ouverte sur la scène pro, il l’était encore plus lorsque l’on joue face aux meilleurs joueurs au monde. Elle n’est passée que deux fois au travers des bans (lors des éliminatoires), pour 2 victoires. Nidalee bannie, c’est Olaf qui est monté encore un peu plus en puissance (100% de présence également sur ces éliminatoires), abusant d’un milieu de partie et d’un snowball beaucoup trop puissants. Lee Sin est venu assurer le spectacle, et Elise prenait la place lorsqu’aucun des trois précédents n’étaient disponibles (sauf bans ciblés).
Ici encore, très peu de surprise. Seul Ambition (Samsung Galaxy) aura tenté le bluff sur sa Kindred, sans succès.

Mid Lane


Ici encore, les joueurs ont joué la meta à 200%. Ryze s’est imposé aux côtés de Syndra comme un champion incontestable, tous deux cumulant une présence de 100% lors de cette phase. Et si leurs taux de victoire ne traduisent pas directement ces chiffres, ils auront été jugés trop dangereux pour être laissés dans les mains des meilleurs mid-laners au monde. Viktor, Aurelion Sol et naturellement Oriana sont restés présents et leur emboîtent le pas. Rien à déclarer encore ici.

Bot Lane


Et voilà peut-être le seul poste où on aura vu un (vrai) changement, alors que la bot-lane semblait assez fermée lors des groupes. Alors que Karma est restée très contestée, c’est Zyra qui est devenu le support emblématique de ces éliminatoires des championnats du monde (89% de présence pour 60% de victoire). Associée à Jhin, Ezreal, ou même Caitlyn, la Dame aux ronces a dominé la majorité des bot-lanes…


Jusqu’à ce que ça arrive. Ce moment que nous attendions tous. Ce moment qui est finalement arrivé, en quart de finale. ROX Tigers affronte SKT T1, et Gorilla valide son champion : Miss Fortune, au poste de support ! ROX Tigers s’efforce alors de prouver que le Chasseur de primes de Bilgewater, associée à Ashe, c’est LA réponse à Zyra. Et ça marche. Ça marche même tellement bien que SKT s’est vu forcé de bannir le champion après l’avoir subi par deux fois. Dans l’autre quart de finale, SSG l’utilise à leur tour, forçant H2K à se perdre dans leurs bans. Très conditionnelle et sans doute non-viable pour nos solo Q, Miss Fortune est devenue la sensation de ces worlds… au poste de support !
Alors que Jhin-Zyra a sans doute été la bot lane de ces éliminatoires, Ashe-Miss Fortune aura été leur contre. Pour le reste, le support mêlée s’est vu pousser vers la sortie par les supports AP (Zyra, Karma et Nami), alors que les ADCs poke et/ou longue distance se sont maintenus (Jhin, Caitlyn, Ezreal et Ashe). A noter d’ailleurs le grand retour de l’Archère de givre sur la scène compétitive, malgré ses nerfs.

Des quarts à la finale

Je ne pense pas que ce soit notre rôle que de décrypter ces matchs, ou de vous rappeler quels ont été les scores. Mais nous l’avons rapidement entamé après les phases de groupes, alors pour ceux qui voudraient un (très) rapide résumé de ce qui s’est passé…

Les quarts

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L’Amérique s’est écroulé face au rouleau compresseur SSG. C9 n’a pas su relever son niveau de jeu, et même si Jensen et Impact ont tenté de maintenir leur équipe, la bot-lane est la jungle ont été clairement dépassées par les monstres coréens. SSG inflige un sévère 3-0 à l’écurie américaine qui ne battra pas son record (quart de final en worlds).

Dans le choc de ces quarts de finale opposant SKT T1 à RNG, nous avons pu comprendre l’importance de Jayce et de Zyra. Alors que RNG remporte la première manche sur ces deux champions, SKT apprend de ses erreurs et fera tourner les phases de picks et bans suivants autour de ces mêmes champions : alors que Jayce est systématiquement évincé, ils s’assurent de sécuriser Zyra à moins qu’un champion plus dangereux ne soit laissé ouvert (et ce fut le cas avec Syndra, sécurisée pour Faker). SKT domine toujours dans son style et remporte ce match. Depuis, Jayce et Zyra sont restés au cœur des débats.

Dans l’autre choc, ROX Tigers face à EDG, le match a été dominé par les Coréens, un cran au-dessus de leurs adversaires. Peanuts (jungler) joue parfaitement tantôt avec son mid-laner, tantôt avec son top-laner, et parvient à emballer les parties à l’avantage de son équipe. Peut-être un peu trop confiante après un 2-0 remporté avec classe, l’équipe coréenne concède une victoire à EDG avant de conclure le BO.

Enfin dans le dernier quart, les Européens de H2K affrontaient les petits poucets de Albus Nox Luna. La finale 100% européenne a été très largement dominée par H2K qui parvient à sécuriser Jayce sur chacune des 3 parties, assurant dans le même temps un pick de confort pour leur mid-laner Ryu (Vladimir, Syndra).

Les demies

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La première demie finale était un match au sommet entre ROX Tigers et SK Telecom T1, finale avant la finale.
La première manche est un classique de l’affrontement entre les deux écuries : une partie tendue, pendant laquelle SKT parvient à s’assurer toujours une petite avance économique qu’ils font fructifier doucement jusqu’à conclure la partie. Et même si ROX s’assure les dragons importants, ils ne parviennent pas à stopper SKT qui progresse jusqu’au Nexus et le détruit.
Et c’est ici que tout a dérapé, lors de cette deuxième manche. SKT sécurise Zyra, puis Olaf, avant de compléter leur composition inscrite dans la meta de ces worlds. ROX a le dernier choix, et c’est contre toute attente qu’apparaît Miss Fortune au poste de support. Véritable coup de génie, le combo Ashe-Miss Fortune est trop fort pour une simple Zyra, clairement la cible de la duo-lane ROX Tigers. A chaque opportunité, les ultimes combinés des deux ADC viendront soit consommer le flash de Zyra, soit sa vie. ROX bâtit son avance sur ce combo, et remporte la partie.
SKT ne semble pas y croire, et valide à nouveau Zyra dans la troisième manche, suivie d’un Olaf. Et ROX Tigers valide une nouvelle fois son combo : Ashe-Miss Fortune. Et une nouvelle fois, ROX l’emporte sur le géant coréen.
Contraints et forcés, SKT va consommer un ban pour Miss Fortune dans cette quatrième manche. Pour la première fois de leur histoire, ROX mène dans un BO face à SKT. Alors que Bengi (jungler SKT) n’a jamais montré de Nidalee sur la scène pro, la cougar est laissée ouverte. Bengi la sécurise, et le maître tacticien montre de très belles choses dessus, permettant à son équipe de largement dominer cette quatrième manche. 2-2.
Final de cette demi-finale, on ne pouvait espérer mieux que cette manche 5. La partie est très serrée et les joueurs se rendent coup pour coup. La partie se jouera sur quelques détails. Comme un Kuro trop en retrait par rapport au maître incontesté de la mid-lane, Faker, impérial sur sa Oriana. Ou encore Bang, qui domine largement le Jhin de Pray sur son farming et le contrôle de sa ligne. Et enfin Bengi, encore lui, qui assure l’essentiel pour son équipe : 5 Dragons et 2 Barons Nashor plus tard, SKT l’emporte et se dirige vers la 3e finale de son histoire.

Dans l’autre demie finale, H2K affrontait les Coréens de Samsung Galaxy. Dernier espoir européen et même occidental, H2K passe assez largement à côté de son match. La phase de picks et bans semble avoir été baclée, et SSG est capable de sécuriser aussi bien les champions OP (Jayce, Zyra, ou même Nidalee ?!) que ses champions phares (le Viktor de Crown, par deux fois), ou encore les contres du moment et notamment le duo Ashe-Miss Fortune sorti dans les mêmes conditions que ROX Tigers face à SKT T1. SSG l’emporte dans un match à sens unique : 3-0.

La finale !

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SKT T1 arrivait naturellement favori lors de cette finale, mais SSG a montré d’énormes capacités pendant ce tournoi.
SKT remporte la première manche sur un aspect tactique qui l’illustre si bien, progressant objectif après objectif dans une partie pourtant serrée. Alors que SSG ne parvient pas à concrétiser, ils finiront par mettre genou à terre et par s’incliner.
La deuxième manche est un récital pour SKT, qui déroule littéralement son jeu. Bengi assure les bases pour son équipe (et le spectacle), et chacun des ses 3 carry lui emboîtera le pas pour conclure cette partie maîtrisée de bout en bout.
Dos au mur, SSG débute très mal la troisième manche. Et alors que tout le monde voit déjà SKT l’emporter par 3 manches à 0, SSG ne plie pas. Clairement derrière au score, ils temporisent grâce aux dragons assurés plus tôt dans la partie. Ils temporisent, et reviennent petit à petit dans la partie la plus longue jamais vue aux Championnats du monde. Une heure et un peu plus de dix minutes plus tard, SSG finit par l’emporter sur SKT.
Bengi sort, remplacé par Blank dans cette quatrième manche. La draft SSG semble plus simple à jouer, et ça se sent du début à la fin de la partie. SKT n’est pas facile à faire tomber, mais SSG joue le coup à fond dans une partie serrée mais qu’ils parviennent à dominer, et à conclure.
Bengi revient pour cette manche 5, qui voit un peu le retour des tanks opérer sur la faille (top laners, supports et junglers !). La partie est très tendue, et SSG parvient à prendre légèrement l’avantage grâce au Tahm Kench de CoreJJ. Ruler est très bien dans sa partie, mais c’est sans compter sur Faker, impérial. Le mid-laner avait à cœur de prouver qu’il est toujours le meilleur joueur du monde, et il l’a prouvé. Véritable fer de lance de son équipe, il n’a pas tremblé et il remporte avec eux leur troisième sacre, en signant sans doute sa plus grosse prestation dans ce tournoi.

SKT T1 rentre une nouvelle fois au pays avec la coupe et le titre dans leur sac.

 

L’équipe type des worlds

Peut-on alors extraire une équipe type des worlds, et tenter d’expliquer en quoi la compo se veut dominante ? Prenons ainsi une équipe type, et opposons là aux seconds couteaux de la meta de ces championnats (quasiment jouée en l’état par les ROX Tigers). Sans phase de picks et bans, admettons que Nidalee et Syndra ont été retirées de l’équation.

Equipe Bleue

L’équipe des bleus devra jouer sur sa domination de lignes, afin de conclure sur un milieu de partie très puissant. Sur papier, chacun de ses champions fait partie des picks contestés et parmi les plus en forme du moment. Ils sont censés dominer leurs lignes, supportés par un Olaf prêt à venir enterrer la fin de l’early game (niveau 6 et déjà un peu de tankiness en poche).
Les combats d’équipes sont assez simples à comprendre : on désigne une cible (soit sur un enracinement de Zyra, soit sur un go-in d’Olaf), et l’ensemble des contrôles se dirigent dessus pendant qu’Olaf tank pour son équipe et sème la zizanie dans les lignes arrière ennemies, et que Jayce fait pleuvoir ses dégâts.
En dehors des combats, Jayce et Ryze peuvent partir au split push forts de leur Téléportation ou Portail transdimensionnel. Olaf peut suivre sa duo-lane (de préférence sur la ligne du milieu), et se tient prêt à apporter le surnombre.
L’équipe regroupe globalement toutes les forces dont a besoin une composition : champions dominants, tenue de ligne et wave clear, puissance de poke, dégâts multi-cibles comme mono-cible, force d’engagement, CCs et tankiness…

Equipe Rouge

De son côté, l’équipe rouge dispose de champions censés être moins dominants (en ligne). L’équipe a moins de contrôles, et un early game plus délicat : Kennen est surtout fort après son niveau 6 (combats d’équipe), et c’est encore plus vrai pour Ashe et Miss Fortune. C’est là que se justifie le choix de Lee Sin, qui assure la transition vers le milieu de partie. Avec moins de solutions que l’équipe bleue, leur combat d’équipe est fait pour punir : la moindre Flèche de Cristal de Ashe peut littéralement condamner Zyra ou Jhin si elle est suivie du Barrage de Plomb de Miss Fortune, à quoi s’ajoute le Maelström de Kennen. Et même Jayce ou Ryze pourraient connaître le même sort. Lee Sin est là pour écarter une cible du groupe ou pour enlever une menace trop directe (un Ryze sur son R par exemple, ou un Olaf sans Ragnarok), puis pour perturber les lignes arrière. L’équipe peut avancer sur ces temps forts, forçant une équipe dominante à marcher sur des œufs.
Les rouges proposent un peu moins de tout que les bleus, mais ils conservent ce qui est nécessaire et sacrifient quelques points (tankiness, peu de contrôles hors ultimes) pour en renforcer d’autres : champions dominants en milieu de partie, wave clear, énormes dégâts multi-cibles comme mono-cible, superposition de CCs (sur l’engagement principalement). Et alors qu’elle perd sur le split-push, leur compo double ADC permet de compenser lors des push.

Miss_Fortune_OriginalLoadingLa présence de Miss Fortune est volontaire dans cet exemple.
Même si la championne nous a fait vibrer pendant ces worlds, il faut bien comprendre qu’il est sans doute inutile de la sortir à ce poste dans vos parties classées. Miss Fortune a été une réponse incroyable à Zyra, mais aussi à l’ensemble de la composition ennemie (imprégnée dans la meta de ces worlds). Avec peu de mobilité en face, Miss Fortune a pu briller car associée à Ashe, et supportée par d’excellents joueurs capables de suivre l’engagement de leur duo-lane. Peu importe que vous jouiez avec un Kennen, un Rumble ou un Ekko. Peu importe que votre jungler soit Lee Sin ou Elise. Il faut une parfaite maîtrise de la composition dans son ensemble, et il faut que l’adversaire ait déjà affiché sa composition (autour de Zyra). Si quoique ce soit est capable de passer au travers vos dégâts, la composition s’écroule complètement et votre Miss Fortune support ne pourra pas être efficace.
Mon conseil est clairement de la garder comme un incroyable souvenir de ces Worlds 2016, mais pas d’essayer d’en faire une réalité dans vos partie 😉

 

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